Quand le monde brandit des pancartes dans la rue au nom de la liberté d’expression, le paradoxe social est à son comble. Et si la véritable liberté c’était l’audace d’être « seulement » soi même ?  Sommes nous nécessairement alignés sur les libertés que nous revendiquons?

 

Mercredi 7 janvier 2015, le monde retient son souffle. .

Des terroristes entrent dans les bureaux de la rédaction du journal satirique « Charlie Hebdo« , et tirent sur l’équipe de rédaction avant de prendre la fuite.
A l’issue de leur cavale, le bilan fait état de 20 morts.

Le monde se met debout, sort dans la rue, brandit des pancartes au nom de la liberté d’expression.

je suis charlie

Fondement de nos sociétés modernes, « La libre communication des pensées et des opinions» apparaît comme la première des libertés dont les bornes sont définies par la loi. (article 11 de la Déclaration des droits de l’Homme).

Que dire  en tant que communicante, entrepreneur, blogueuse,  à part acquiescer?

Qu’il est bon et doux de s’exprimer librement, sans autre crainte que celle du jugement affectif des lecteurs. Qu’il est agréable de publier des informations sans se soucier d’une quelconque répression.

Quelques jours plus tard, je participe à une soirée de networking. Parlant de mon activité de coach consultante dans le web marketing, le sujet de la liberté d’expression est sur toutes les lèvres. La communication sur les réseaux sociaux et via les blogs revient au détour de chaque rencontre;

Tous me parlent du contrôle de leur e-reputation, de ce qu’ils ne publient pas, de ce qu’il ne serait pas convenable d’afficher ou d’écrire, du respect strict de leur ligne éditoriale. Que d’autocensure !  Pourtant, nombre d’entre eux affichaient « JE SUIS CHARLIE » sur leur profil Facebook…

Ne pas publier de voeux pour ne pas « salir » sa timeline, ne pas montrer d’opinion personnelle, ni engagée, donner à voir une image lisse, comme une publicité des années 80 pour les yaourts, la petite culotte en moins….

J’ai trouvé ça triste, et contraignant. Pourquoi s’empêcher de s’exprimer?

Quelle liberté s’accorde-t-on à soi même?

Communication authentique et liberté d’expression

Il y a pour moi un paradoxe incroyable.  Comment revendiquer la liberté d’expression si on ne s’autorise pas à communiquer simplement et spontanément ? Si nous n’osons pas être notre propre centre, si nous n’accordons pas de confiance à ce que nous avons à dire ou à montrer de nous, si nous passons notre temps à masquer nos reliefs,  comment être pleinement authentique?

Et sans authenticité, comment dire nos vérités? Comment présenter ses offres et faire la différence dans un monde concurrentiel?

 

Parler de soi n’est pas aisé. Dire sa vérité est parfois très difficile. Pourtant, sur les réseaux sociaux, nous partageons des articles, des images, nous usons et abusons de la fonction « j’aime ».

J’ai entendu un jour, lors d’une conférence sur la gestion de la e-reputation pour les entrepreneurs, qu’il fallait être très vigilant dans le choix des informations que nous partageons et dans celles que nous aimons sur les réseaux sociaux, car nous affichons alors notre personnalité et notre vie « privée » aux yeux de tous. Qu’il ne fallait donc « liker » QUE des informations en lien direct avec notre activité, rester dans le consensus, et ne surtout pas faire de « copinage ».

En effet, quel drame si nos clients, amis, collègues savaient réellement qui nous sommes et quels sont nos centres d’intérêt.

{sourire}

Alors, partageons, diffusons les mêmes informations que d’autres, attendons simplement que nos compétences soient remarquées. Ou mieux. Cessons d’être en lien avec notre environnement relationnel proche, cessons d’être humain, cessons d’être nous-mêmes. Et pourquoi pas alors se contenter de faire  un profil vitrine, lisse et sans bavure, dans les quartiers rouges des media sociaux?

{Tsss tsss tsss… }

Plutôt que « vigilance » (qui implique un contrôle constant et éreintant), je préfère parler d’ « attention » à la cohérence et au contexte (non, je ne partagerai pas les photos de mon voisin éméché, en caleçon cravate pendant ma pendaison de crémaillère sur mon facebook professionnel).

Si tout ce que je communique part de mon moi profond, de mon impulsion intérieure, je ne fais jamais qu’être authentique. Etre simplement MOI.

Je ne me sens jamais obligée de partager une information, de commenter pour faire plaisir. A l’inverse, je ne m’empêche rien, car je n’ai pas honte de la personne que je suis.

Et si un client me voit commenter d’un air un peu gaga une photo de chaton, faire un brin d’humour sur mon profil, partager une phrase philosophique ou m’enflammer dans une discussion passionnée sur le développement durable…  ne me trouvera-t-il pas simplement humaine, et peut-être rassurante?

{Oups… j’ai une vie, des émotions, des humeurs, des reliefs.}

Nos choix nous définissent. Nos actions parlent de nous. Les détails de nos mots et de nos vêtements mettent en relief notre personnalité.

 

LibertéCrédit photo – Vollmond de Pina Bausch

 

Marketing quantique  et liberté d’expression

Un « marché » est la rencontre entre une offre et une demande, une compétence et un besoin. C’est  la rencontre entre des pôles qui communiquent et s’alimentent. Qu’il s’agisse de marché économique, de marché de l’emploi, tout est alors question d’équilibre entre qualité, prix, et attractivité.

Il y a quelques dizaines d’années, il suffisait de proposer pour être adopté. Plein emploi (si si, souvenez vous, cela a existé), croissance, différenciation aisée.

Aujourd’hui, combien sommes nous à proposer des compétences égales? Comment se faire remarquer? Comment atteindre ses objectifs?

Et si tout n’était question que de rencontre entre énergies?

Avez vous remarqué comme vous aviez spontanément envie de travailler avec des personnes qui vous ressemblent, qui partagent des valeurs communes? Vous ne le savez pas toujours au premier abord, mais il y a une part de magie dans la rencontre.

Il m’est arrivé dans les entreprises d’observer des équipes de travail  et de constater que chaque membre était relié aux autres par un dénominateur commun, bien souvent ignoré. Au cours de ma vie d’entrepreneur, j’ai souvent eu l’agréable surprise de traverser le miroir avec mes clients, et de découvrir des centres d’intérêts, des caractères, des objectifs de vie proches des miens. A première vue, ce n’était pas évident.

Pourtant, les énergies similaires s’attirent.

Je dis souvent que je choisis mes clients. En réalité, ce sont eux qui me choisissent. A niveau de compétence égal avec certains concurrents, ils préfèrent travailler avec moi par « sympathie, » par « accointance. »

Alors je vous pose la question,

Et si votre personnalité était-la clé?

et si votre personnalité était la clé?

Ne préférez vous pas travailler avec votre client idéal, pour un bon manager plutôt que d’avoir à frayer avec des personnes que vous n’appréciez pas, plutôt que de sous mariner entre les malentendus?

Alors, pourquoi vous empêcher d’être pleinement qui vous êtes et d’être libre de vous exprimer?

Dites ce qui vous tient à cœur. C’est vous qu’on veut. Pas le zèbre d’à côté. C’est vous qu’on choisira pour vos carreaux, ou vos rayures.

Et si on ne vous choisit pas pour ce que vous êtes,  c’est alors un merveilleux cadeau qui vous évitera de perdre du temps et de laisser de la place pour une rencontre encore plus belle.

 

 

La liberté d’expression nécessite d’être aligné et cohérent avec soi même

En réalité, aucune règle ne vous empêche jamais de vous exprimer. Mais personne d’autre que vous ne peut vous donner l’autorisation de vous dire.

A vous de créer votre espace, votre propre cadre. Cela nécessite de savoir qui vous êtes profondément, ce que vous avez envie de transmettre, et  de valider de vous à vous, si vous avez envie de sortir de la boîte.

Une petite question innocente: qu’est ce que l’enfant que vous avez été aurait envie de faire aujourd’hui?    

Et si vous cessiez MAINTENANT de museler votre lumière vive et commenciez à exprimer librement votre essence profonde?

« Ma plus grande découverte a été de prendre conscience que, dans ma vie, la plupart des barrières, c’est moi qui les avais érigées. »  Cheryl Jarvis

 

Créez votre propre cheminSi « les hommes naissent libre »…    il leur faut s’affranchir d’eux-mêmes pour vivre librement.

Tiens au fait, vous en êtes où avec votre liberté d’expression? Toujours dans la matrice? 

 

 

Liberté, j’écris ton nom… mais je ne te connais pas.

12 thoughts on “Liberté, j’écris ton nom… mais je ne te connais pas.

  • 9 février, 2015 à 10 h 04 min
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    Merci Gwenaelle pour ce délicieux article, remplit de vérité et de cohérence dans notre communication vraie.
    Ne pas s’auto-censurer, et être soi, unique et authentique !
    Ca me va bien, d’ailleurs, c’est déjà ce que je fais, que cela plaise ou non, cela me plait en premier. Il me semble que c’est déjà un bon début, non ?

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  • 9 février, 2015 à 10 h 11 min
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    merci de ton passage Magaly. Oui, c’est non seulement un bon début, mais surtout un magnifique chemin.
    Cela te rend heureuse, souriante, rayonnante. C’est le début et c’est le but ultime.

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    • 10 février, 2015 à 10 h 28 min
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      Merci Gwenaelle !

      En fait, je viens de trouver ce qui manquait à mon premier commentaire, il me semblait bien que je me posais aussi toutes (ou presque) ces questions … Et en fait, ce n’est pas au moment où je publie, où je partage ou quand je commente, mais c’est après !
      Est-ce que c’est juste ce que je dis ? Que vont-ils penser ? Est-ce bien écrit ? Est-ce que je ne blesse personne … ?
      Bref, j’écris ce que je pense, en essayant de faire passer au mieux mes pensées, mes émotions, et je publie … après je me questionne !! Ahahaha :)
      Allez, je garde mon sourire, et je file écrire un billet tout doux !

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  • 9 février, 2015 à 10 h 42 min
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    merci pour ces questions ! j’avoue me les poser mais ne pas souvent oser prendre la liberté d’écrire tout ce que je veux

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    • 9 février, 2015 à 11 h 32 min
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      Merci Debo,
      pourquoi ne pas oser? est ce que maintenant tu vas essayer d’oser un peu plus?

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  • 9 février, 2015 à 11 h 36 min
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    Le plus fou, dans tout ça, c’est que quand tu oses le truc qui te fait vibrer ou qui te hante, non seulement ça te fait du bien, mais en plus tu touches au coeur. Deux excellentes raisons de ne plus s’empêcher pour de pseudos raisons d’image…

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  • 9 février, 2015 à 12 h 24 min
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    Quelle belle analyse, libératrice sans aucun doute ! A l’ère de la communication exponentielle, j’ai le sentiment que l’on ne s’est jamais autant auto-sencuré… Et pourtant, on gagnerait tellement à laisser passer la lumière autant à travers son esprit que son coeur.
    Tes mots font du bien Gwenaelle !

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  • 9 février, 2015 à 12 h 45 min
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    Un excellent article mon zèbre. J’utilise souvent le mot « excellent » car quand j’aime je le dis. Je suis entier. Il ne faut jamais s’empêcher ou gommer sa personnalité car c’est cesser d’exister en tant qu’individualité. Sans ces individualités, ces libertés, pas d’égrégore. Mon blog c’est mon encre ma vie, mon sang. Je me reconnais dans ton texte qui fait un bine fou et j’aime à te nommer mon zèbre.

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  • 9 février, 2015 à 19 h 35 min
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    Quel plaisir de te lire, vraiment.

    En ce qui me concerne, je suis aussi un peu dans la retenue sur les réseaux sociaux que j’ai comme principal vecteur de communication pour mon activité. Et ce n’est pas toujours simple d’exprimer au grand jour ce que les tripes vivent et ressentent.

    Nous avons toutes et tous cette part de « que vont-ils penser de moi si je publie ça ? » et pourtant, nous avons aussi cette petite voix qui nous incite à …. être soi, quitte à choquer, à bousculer et à donner une image de nous différente. En fait, c’est ce foutu miroir dans lequel nous nous regardons trop qu’il faut arriver à briser pour ne garder que ce que nous sommes réellement au fond.

    Demain, je serais MOI et je vais être heureux.

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  • 9 février, 2015 à 22 h 18 min
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    Que de synchronicité entre nous mon ZAC …
    Non, je ne suis pas dans la matrice. On a dit de moi que je suis vulgaire et douce, que je marie bizarrement les deux, que je suis violente. Je me contente de répondre que « je suis ». C’est à lire ou à laisser …
    Mais il est vrai que je m’interroge : jusqu’à quel point m’exprimer ? Puis-je courir le risque de heurter mon lecteur ?

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  • 10 février, 2015 à 11 h 07 min
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    Bonjour Gwenaelle,
    Merci pour tes mots éclairés qui te disent si bien et qui mettent en lumière notre liberté d’ÊTRE .
    Oui, je partage complètement ce que tu exprimes, c’est le « chemin » que j’ai emprunté naturellement, une évidence. Je me montre telle que je suis, sans masque, ni costume intérieur et dans mon domaine professionnel, cette authenticité a toujours été ma meilleure Âmie.
    La matrice ? Une illusion factice, mirage paraître pour éteindre l’Être ?
    Je suis si heureuse de n’être que mon Être… et je sais, que toi aussi…
    Merci à toi d’Être et d’exister.

    Namasté

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  • 10 février, 2015 à 14 h 31 min
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    « Qu’est ce que l’enfant que vous avez été aurait envie de faire aujourd’hui? » Je me pose souvent la question et mes réponses m’inspirent des articles. Quand je réponds : « écouter de la musique », j’écris « les blogueurs sont des rockers », quand je réponds : « voir de belles choses et en découvrir de nouvelles », j’écris « l’étonnement est le début du blog », etc. Le truc génial pour un blogueur quand il se pose cette question, c’est qu’il écrit des articles positifs. C’est aussi l’occasion de se rendre compte que l’enfant que nous avons été est toujours là, bien en nous. Personnellement, l’écriture par le storytelling est une façon de le rendre vivant.

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